Compte-rendu du conseil de collège STEE du 9 avril 2026

10 membres présent·es (H. Carrier, G. Galliero, L. Levi, V. Bolliet, C. Dagron-Lartigau, F. Pannier, L. Marlin, S. Labat C. Tognazzi-Lawrence, M. Ildefonso) et 7 représenté·es, dont F. Luthon et N. Tirel (élu M22M, étudiant)


Un conseil de collège avec 2 points majeurs à l’ordre du jour : un cadrage de réduction des heures d’enseignement et la suppression de la quasi-totalité des UE transverses du collège dans un contexte où la pédagogie s’efface devant la logique comptable.


Bizarrement, le vote de la « campagne des UE Transverses 2026-2027 pour L et M Sciences Pau et Anglet », conséquence directe du cadrage « Actions PFSE » s’est fait avant celui ci ! Nous les mettons dans ce CR dans un ordre plus logique !


Actions PFSE 2026 : réduction des heures d’enseignement


4 Vote Contre (UHS et M22M) 2 Abstention (UNSA) 11 Pour
La direction a présenté un cadrage général visant à réduire les volumes horaires en licence et master au nom de la « soutenabilité » de l’offre de formation avec à l’esprit de ne pas faire de distinction entre discipline.

Parmi les principes annoncés :

  • Réduction des volumes de CM et TD ;
  • Suppression des UET ayant un coût pour le collège
  • Encadrement renforcé des volumes horaires (la justification donnée en séance étant de brandir le guide des études de l’année 2000 en disant que l’on revient à ce qui était pratiqué à l’époque)
  • Encadrement des TP en sciences expérimentales sur une base de 1,5 encadrants
  • Seuil minimal d’ouverture de 10 étudiant·es pour tous les enseignements
  • Projets tutorés ou supervisés ou encadrés : 2 HETD /étudiant.
  • Suivi des alternants tous niveaux : 8 HETD /alternant, traité dans le REH

Nos critiques sur le fond : une dégradation de la qualité pédagogique

Imposer un volume de CM inférieur à celui des TD revient pour nous à nier la spécificité pédagogique des cours magistraux (le TD permet d’appliquer les connaissances apprises durant les CM). Cela interroge sur la place des connaissances dans la formation universitaire (mais la réponse vient plus loin voir SAE Situation d’Apprentissage et d’Evaluation et APC
Approche Par Compétence).

Le seuil minimal de 10 étudiant·es conduit à la suppression d’options dans de nombreux parcours quand les effectifs étudiants sont faibles voire menace directement l’existence de certaines formations mais pour le directeur du collège il est normal qu’une formation dont les effectifs sont trop faibles ferme. Dans une logique schumpetérienne de destruction créatrice à
budget constant pour créer de nouvelles formations, il faut bien que d’autres disparaissent.

Nous avons rappelé que les textes réglementaires imposent une orientation progressive et la construction d’un projet de formation personnalisé de l’étudiant. La suppression des options contrevient ainsi à l’arrêté licence :  » Dans l’objectif de réussite de tous les étudiants, et dans les conditions énoncées à l’article L. 612-3 du code de l’éducation, la licence favorise la
personnalisation des parcours de formation ». Pour la direction du collège la réponse tient en 3 lettres magiques SAE (Situation d’Apprentissage et d’Evaluation) qui tiendront lieu de personnalisation du parcours de l’étudiant. L’expérience des BUT et des écoles d’ingénieurs, déjà passés en APC et mettant en œuvre des SAE, ne montre pourtant pas comment les SAE pourraient être utilisée pour colorer un parcours. Même l’équipe de direction paraissait dubitative devant cette possibilité ! Sans compter que l’encadrement de SAE dans ce cadre là sera très difficile.

Nous avons soulevé les problèmes que posent l’encadrement des TP à 1,5 encadrant. La justification donnée en séance par le directeur étant que « durant la deuxième moitié des TP les étudiants rédigent le compte rendu » ce qui est méconnaître la réalité pédagogique d’un certain nombre de TP. Nous avons aussi fait remarquer que la diminution de l’encadrement pose de
nombreux problèmes de sécurité mais aussi pratiques car il n’est pas rare que les TP aient lieu dans plusieurs salles en même temps. La direction précise que lorsque ce ne sera pas possible ça ne sera pas possible mais qu’il faut tout faire pour que cela soit possible de diminuer l’encadrement.

Nous avons aussi fait remarquer que la prise en charge à hauteur de 2 HETD /étudiant de tout projet tutorés avait peu de sens, ceux-ci pouvant être de plus ou moins grande ampleur / durée. Ce point pourrait être modifié à l’avenir.

Enfin, sur le suivi des alternants, nous avons fait remonter notre inquiétude d’une prise en charge seulement dans le REH, et plus en UE flottantes, ce qui va limiter la capacité de nombreux enseignants ou EC déjà investi dans des responsabilités pédagogique ou administrative, avec le plafond fixé en REH au niveau de l’établissement.

Au final, l’application uniforme de règles globales sans tenir compte des spécificités pédagogiques propres à chaque discipline nous semble problématique et conduit à un pilotage de la pédagogie par une logique comptable.

Nos critiques sur la méthode : Un cadrage qui s’applique avant d’être voté

Nos élu·es ont dénoncé une méthode inacceptable avec un cadrage soumis au vote alors qu’il est déjà appliqué depuis plusieurs semaines (les maquettes basées sur ce cadrage ayant été remontées le mardi précédant le conseil). La direction reconnaît un vrai problème de calendrier quand nous y voyons un contournement pur et simple de la « démocratie universitaire ».

Nous avons rappelé que le Collège STEE a déjà largement contribué aux économies par des fermetures de formation cette année (MEEF, PPPE). Des élus ont demandé si un bilan du nombre d’heures déjà économisées par ces fermetures avait été fait. La direction répond que s’il y a des formations qui ferment d’autre ouvrent (exemple d’ISA Num). Un bilan global sera fait après la remontée des maquettes avec un risque de fermeture de formations si la cible (réduction d’heures de 12,5%) n’est pas atteinte en 2026.

Nous rappelons que cette méthode brutale et descendante alimente un profond malaise au travail de la part des collègues. Des élus demandent s’il n’y a pas un problème de pédagogie dans la présentation du cadrage. Le directeur prend sur lui qu’il aurait pu faire un plus grand effort de pédagogie mais précise que ce sont les responsables de CIF et de disciplines qui
auraient pu faire cette pédagogie du cadrage.

Nos élu·es rappellent qu’on ne relancera pas l’attractivité des formations publiques en réduisant les heures, en supprimant les options et en dégradant les conditions d’étude.

4 Vote Contre (UHS et M22M) 2 Abstention (UNSA) 11 Pour

Campagne des UE Transverses 2026-2027 (Sciences Pau et Anglet)

Le Conseil a acté une suppression massive des UE transverses. Ne subsistent désormais que les UE obligatoires en CMI, certaines UE liées aux fablabs et les UE de stage.

Une UE IA obligatoire est également annoncée, sur le même principe que l’UE « changements globaux ».

Nos élu·es ont dénoncé :

  • Une approche purement comptable de la formation ;
  • Le manque total de visibilité sur le volume horaire réellement supprimé ; et sur les raisons de certaines de ces suppressions, les chiffres remontés dans le tableau à fournir à la CFVU étant parfois manquants ou faux ;
  • Le report prévisible massif vers les UE sport et culture déjà saturées ;
  • L’absence d’évaluation pédagogique sérieuse des UE supprimées (dont une élue a même fait remarquer que sa suppression en tant qu’UE transverse a nécessité son inclusion obligatoire dans la maquette de sa formation).

Comme l’a rappelé UHS en séance : à ce rythme, il aurait presque suffi de présenter un tableau avec seulement deux colonnes — le nom de l’UE et son coût — tant la logique budgétaire écrase toute réflexion pédagogique.
4 Vote Contre (UHS et M22M) 2 Abstention (UNSA) 11 Pour

Vos élu·es UHS