Un Conseil d’Administration s’est tenu le 2 octobre 2025 en séance plénière. Il a notamment porté sur la situation financière de l’université, les réformes de formation, les questions RH et plusieurs modifications statutaires.
Les administratrices et administrateurs de la liste UHS (pour une Université Humaniste et Solidaire) ont rappelé la nécessité de défendre les conditions de travail, la qualité des formations et la démocratie universitaire face à un contexte budgétaire et politique difficile. Ils ont regretté le maintien de la tenue du C.A. lors d’une journée nationale de mobilisations et précisé que c’est l’importance des points à l’ordre du jour, ainsi que la gravité de la situation, qui les a poussés à siéger malgré tout.
Ce CA illustre à quel point notre université est fragilisée par des choix budgétaires imposés et non concertés, dévoilés au dernier moment en pleine rentrée alors même qu’il y a encore quelques mois, l’équipe présidentielle en place assurait que l’UPPA pouvait se lancer dans des projections optimistes. Derrière l’austérité et les chiffres, ce sont les conditions d’étude des étudiants et de travail des personnels qui sont gravement menacées. Notre vigilance reste entière : nous continuerons à interpeler la présidence et le rectorat pour que l’avenir de l’UPPA ne se réduise pas à une gestion comptable, mais reste au service de la formation et de la recherche, dans le respect du service public de l’Enseignement supérieur et de la Recherche.
0. Information générales
- COMP 100% (Contrat d’Objectifs, de Moyens et de Performance) : une fois de plus, l’UPPA jouera les apprentis sorciers du ministère en étant dans l’une des 2 académies pilotes.
- Le COMP reposera sur 6 domaines (signature scientifique, vie étudiante, ancrage territorial, formation, recherche/innovation, pilotage).
- Grandes lignes à définir dès novembre pour une finalisation d’ici avril 2026
- Signature prévue été 2026,
- Nombreuses incertitudes sur le financement et les emplois.
- Malgré la volonté affichée de concertation, le planning très serré peut faire craindre le contraire !
- Déficit prévisionnel 2025-2028 : 15 M€ et mise en place de mesures de réductions d’emplois !
- → déficit lié aux mesures non compensées par l’Etat (Glissement Vieillissement Technicité-GVT, mesures salariales Guérini, Compte d’Affectation Spéciale-CAS pension, complémentaire santé), ainsi que par l’inflation et la baisse des recettes Formation Tout au Long de la Vie-FTLV.
- Risque de mise sous tutelle rectorale si les critères de stabilisation ne sont pas respectés.
- La présidence assume des “mesures de réduction d’emplois” (non remplacement 1/3 EC et 1/2 BIATSS).
- Une visite de l’Inspection Générale de l’Éducation, du Sport et de la Recherche-IGESR est prévue pour faire un diagnostic de l’université et un comparatif avec d’autres universités.
Notre position : il ne s’agit pas d’un Plan de Stabilisation Financière et de l’Emploie-PSFE mais d’une austérité imposée. Nous avons rappelé que la défense de l’emploi est essentielle pour la formation et la recherche.
Par ailleurs, la position de l’IGESR sur l’accroissement des ressources des université par l’augmentation des frais d’inscriptions à 2 850 euros par an en licence et 3 879 euros en master est inacceptable.
- Chaires de Professeur Junior (CPJ) : la liste UHS a fait état du coût élevé sans forcément que ce dispositif n’ait fait la preuve de sa plus-value sur le plan scientifique par rapport à des postes d’enseignants-chercheurs titulaires, le risque de faible intégration, les problèmes que cela pouvait générer au sein des unités de recherche.
Notre position : la liste UHS critique ce dispositif qui fragilise le statut des enseignants-chercheurs.
- Fin du contentieux de la halle des sports de Bayonne : un accord amiable a été trouvé couvrant une partie des travaux de réhabilitation qui vont pouvoir débuter.
- Instituts Carnot : incertitude sur le renouvèlement et la structuration nationale.
- Label I-Site : comité de suivi ministériel → retour positif sur UPPA Tech mais vigilance budgétaire.
1. Vie institutionnelle
- Nouvelle direction juridique : M. Kermarec (ex-ministères Intérieur/Environnement).
- Nouveaux administrateurs : Clément Combier remplace Yohan Lalande (liste Notre liste étudiante), Samuel Legris (liste M22M) remplace Ernesto Gonzalez.
- Mme Bouarfa, proviseure adjointe du lycée Albert Camus, seule candidate, est élue au conseil d’administration, suite à la mutation de Mme Mochon.
- Le président informe les administrateurs : de rectificatif et nominations des chargés de mission et référent
- * Référent « patrimoine et collections universitaires » : M. Clovis DARRIGAN
- * Référent « diffusion vers les scolaires » : M. Jacky CRESSON
- Chargé de mission « Médiateur RH » : M. Thierry NODENOT
- Chargée de mission « Internationalisation des formations» : Mme Blandine DAGUERRE
- Chargé de mission « Mobilité internationale des étudiants et des personnels » : M. Maxime MASSON
- Référent «Linguistique pour l’internationalisation» : M. Olivier HOFMANN
Nos élus ont relevé que ces chargés de mission sont très majoritairement des hommes (1 seule femme) au moment où est présenté le plan Egalité Femmes-Hommes, ce qui est regrettable. Cela s’ajoute à la très grande proportion d’hommes exerçant un mandat de vice-présidence ou titulaires d’un poste de direction générale (à la Direction Générale des services, à la Direction des Affaires juridiques et à la Direction des Ressources Humaines) à l’UPPA. La réponse apportée par Laurent Bordes (« ce n’est pas facile » [de recruter des femmes]) n’a pas du tout convaincu.
- Modification du règlements intérieurs de l’université, pour inclure des modifications liées au projet handicap HEPHAETOS et actualisation des commissions vie étudiantes. Les élu·es de la liste UHS ont relevé qu’au-delà de l’annonce de la création louable d’une Assemblée Étudiante, se nichait une évidente crainte de la démocratie étudiante. En effet, y siègeront surtout des étudiant.es déjà élu.es par ailleurs dans les instances de l’établissement, des étudiants nommés par le président de l’université et, cherchez l’erreur dans une assemblée étudiante…, pas moins de 4 représentants de communautés d’agglomération (Pau Béarn Pyrénées / Tarbes-Lourdes / Bayonne / Mont-de-Marsan).
- Modification des statuts des collèges EEI et SSH : ont été annoncés l’ajout d’une CIF Internationale pour EEI, la clarification des règles du conseil et le changement de dénomination des fonctions en SSH afin d’éviter le masculin universel. Malgré les demandes écrites formulées par la liste UHS, ces nouveaux statuts ne clarifient pas les règles de vote des personnalités qualifiées avant le vote du directeur lors du renouvellement des conseils, flou qui avait permis au directeur du conseil STEE, de voter alors qu’il n’avait pas été élu, ni dans la mandature précédente ni dans celle qui débutait, au mépris de tout bon sens démocratique.
2. Politique RH et bilan social 2024
- Effectifs : hausse des personnels BIATSS avec une précarité accrue et une augmentation des recours aux personnels contractuels. Il manque 40 % de postes d’enseignants-chercheurs titulaires, ce qui implique un recours massif et contraint aux heures complémentaires pour les titulaires.
- Inégalités salariales : écart de 24 % entre hommes et femmes (653 €/mois en moyenne).
- Conditions de travail : risques psycho-sociaux, absentéisme corrélé à l’âge (avec le recul de l’âge de départ), tensions fortes dans certaines structures.
- Départs massifs prévus (30 % des effectifs en 10 ans) inquiétudes majeures pour la continuité des missions.
Vote : 20 pour, 11 abstentions (Les élu·es UHS se sont abstenu·es : bilan factuel mais inquiétudes fortes).
3. Politique budgétaire
- Modification du règlement intérieur des mission
- Fin officielle de la navette intercampus.
- Recours possible à Blablacar, mais attention en cas de remboursement à l’agent
4. Politique partenariale et innovation
- Attribution d’un prix Pépite (1000 €/lauréat·e).
- Nous avons exprimé nos réserves : l’université n’a pas pour mission première de financer l’entrepreneuriat.
5. Formation
- Création de la LPE (Licence Professeur des Écoles) en remplacement des PPPE, en partenariat avec le lycée Barthou de Pau : il apparaît qu’il s’agit d’un montage fait dans l’urgence, dont les contenus demeurent encore très flous. Le dossier a été transmis tardivement aux administrateurs.
- Gestion régionale des Masters enseignement M2E (ex-MEEF) : le M2E Espagnol sera proposé à Pau, mais le M2E Physique-Chimie ouvrira uniquement à Bordeaux
- Mise en œuvre rentrée 2026-27 de ces 2 nouveaux cursus.
6. Questions diverses
- 10 septembre 2025 : fermeture partielle du campus de Pau suite à une alerte préfectorale et une intervention policière. Nous avons rappelé le respect des franchises universitaires.
- Droits différenciés imposés aux étudiants extracommunautaires : la liste UHS dénonce les inégalités de traitement que ces droits 10 x plus élevés entraînent pour les étudiants concernés, qui se retrouvent dans des conditions d’étude et de vie parfois indignes de notre pays.
À 18h35, alors qu’il n’est pas inhabituel que les CA se prolongent après 19h00, le président a mis fin brutalement au conseil d’administration. Alors même que divers administratrices et administrateurs, à Bayonne et à Pau, avaient manifesté leur souhait d’aborder différents thèmes lors des questions diverses, comme il est d’usage. Notre équipe ne manquera pas de le rappeler et de les soulever lors du prochain C.A.
- Mobilisations étudiantes et assiduité : demande de levée des obligations d’assiduité les jours de grève.
- Vote électronique et marché accordé à l’entreprise Kercia : demande de retour au vote à l’urne (moins coûteux et plus sûr cf décision de la Commission de Contrôle des Opérations Électorales et du Tribunal administratif).
- Maintien de la coloration « Droit public » en L3 : victoire de la mobilisation étudiante (742 signatures).
- Edusign : critique d’un système de contrôle de l’assiduité coûteux, inadapté et imposant une surcharge de travail administratif.