Compte-rendu du conseil de collège STEE du 12 février 2026

19 membres présent·es et représenté·es

Un conseil de collège surtout technique mais dans un contexte de contraction demandée du nombre d’heures de formation voire des formations elles-mêmes. Nos élu·es UHS ont rappelé que la défense des emplois, des formations et du service public universitaire ne peut se réduire à une simple gestion comptable de la pénurie.

Baisse du nombre d’heure d’enseignement de 10%

Le budget a été adopté au niveau de l’établissement, mais reste soumis au régime des services votés : soit des dépenses limitées au strict nécessaire et plafonnées au quart du budget prévisionnel. Le plan de stabilisation financière et de l’emploi impose des contraintes fortes sur de nombreuses dépenses (communication, représentation, heures d’enseignement).

L’établissement demande une baisse de 10 à 15 % du nombre d’heures d’enseignement d’ici 2028 ( par rapport à 2025). Le Collège vise pour l’instant une baisse de 10 %. À ce stade, il n’existe pas de vision consolidée de la manière dont cette réduction sera opérée. Il ne s’agit pas d’un simple “toilettage” des maquettes, mais d’une restructuration en profondeur de l’offre. Des interrogations subsistent : sur les créations d’heures (ex. la montée en puissance d’ISANUM créant ≈ 1000h/an), sur les arbitrages entre formations et sur les seuils de dédoublement (déjà parfois à plus de 39 étudiant·es “sur le papier”).

Nos élu·es alertent : réduire les heures, c’est réduire les contenus, la qualité d’encadrement et les conditions d’études.

Sur le budget, le directeur évoque une compensation du CAS pension par l’État (prise en charge à 75% ? ) qui pourrait améliorer la trajectoire budgétaire d’environ 1,5M€ .
Au CNESER, il a été indiqué que seules les universités sous plan de retour à l’équilibre pourraient bénéficier d’une compensation à 120 %.

Autrement dit : en affichant que nous ne sommes pas en difficulté nous ne serons pas aidés davantage.

Le budget de la communication est fortement touché par les services votés et le ministère demanderait des réductions importantes des budgets communication (pouvant aller jusqu’à –40 % au CNRS).

Nous avons rappelé que, dans le même temps, les établissements privés investissent massivement en communication pour attirer les étudiant·es.
Affaiblir la visibilité du service public tout en laissant prospérer la concurrence privée pose une question politique majeure sur la trajectoire imposée à l’université publique.

Offre de formation : vigilance sur les effectifs

  • Parcoursup : campagne en cours, pas d’alerte immédiate.
  • MonMaster : ouverture imminente.

La direction a indiqué clairement : les formations à faible effectif n’ouvriront pas l’an prochain.

Nos élu·es rappellent qu’une formation fermée est extrêmement difficile à rouvrir. La logique purement quantitative ne peut être le seul critère d’évaluation de l’intérêt académique et territorial d’un diplôme.

Sciences avec et pour la société (SAPS)

Présentation du dispositif (1 126 000 € sur trois ans, terminé en septembre 2025).

La Fête de la Science a quitté la place Clemenceau pour recentrer les actions sur l’université, au motif d’un essoufflement en centre-ville et pour attirer le public à l’université.
La réponse apportée aux interrogations sur la perte de visibilité nous a semblé peu convaincante.

  • Le Campus des enfants fonctionne bien,
  • La revue Ébullition (publication scientifique en BD) est bientôt à l’équilibre,
  • Les financements sont majoritairement externes (appels à projets).

Nous avons interrogé l’impact des réductions budgétaires sur SAPS : à ce stade, pas d’effet direct annoncé.

Appel à projets – Thèses sans fonctionnement

Soutien ponctuel la première année pour des thèses sans fonctionnement de 6000 € pour une thèse expérimentale et de 3000 € pour une thèse fondamentale ou en simulation. Aide automatique pour les thèses éligibles portées par un collègue de l’UPPA sur le périmètre STEE.

Modification de maquette – L3

Suppression de l’UE transverse « Matériaux du Futur » en L3 (département de physique), dans le cadre des économies d’heures demandées.
Modification corrélative des ECTS.

Nous voyons ici une conséquence directe du plan de réduction horaire :

  • disparition d’une UE présentant un intérêt pédagogique,
  • affaiblissement possible du vivier pour le Master Matériaux,
  • réduction de l’ouverture interdisciplinaire.

Adopté (3 abstentions).

Triennal d’emplois 2025-2027

Modification technique liée à un changement d’affectation d’un collègue.

Adopté à l’unanimité.

Conseils de perfectionnement

Uniformisation de leur composition.
Adopté à l’unanimité.

Dérogation à la libération du jeudi après-midi (S1 2026)

La question se pose de l’information préalable des étudiant·es.
Adopté (1 contre, 1 abstention).

Accords internationaux (ISA)

  • Accord-cadre avec l’Université Laval
  • Accord spécifique avec l’École de technologie supérieure

Nous avons soulevé la contradiction entre ces mobilités internationales longues distances et les objectifs affichés de développement durable.

Réponse : la mobilité internationale est obligatoire en école d’ingénieur, et les étudiant·es suivent des formations de type “Fresque du climat”.

Adoptés (2 abstentions).

Conclusion

Ce Conseil confirme une orientation lourde :

  • baisse programmée des volumes horaires,
  • menace explicite sur les formations à faible effectif,
  • ajustements permanents sous contrainte budgétaire.

Nous refusons que l’université publique soit progressivement transformée par petites touches en une structure allégée, concurrentielle et pilotée exclusivement par des critères comptables.